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Bourse

Pourquoi les Français n'investissent plus

Pourquoi les Français n'investissent plus

Pourquoi les Français investissent plus

Le nombre de Français qui achètent des actions ou des ETF a fortement progressé ces dernières années, selon les données publiées par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Ce mouvement, loin d'être anecdotique, s'appuie sur plusieurs transformations concrètes de l'accès à l'investissement. Voici ce que montrent les chiffres, et les raisons qui expliquent cette évolution.

Que montrent réellement les chiffres de l'AMF ?

En 2025, un peu plus de 1,9 million de Français ont réalisé au moins un achat ou une vente d'actions, soit une hausse de 21 % par rapport à 2024 (1,5 million). Sur l'ensemble de la période 2021-2025, plus de 3,8 millions d'investisseurs particuliers sont ainsi intervenus sur les marchés d'actions, dont 1,6 million de nouveaux investisseurs en seulement trois ans.

La progression est encore plus marquée du côté des ETF : 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur ce type de support en 2025, contre 607 000 en 2024, soit un bond de 83 % en un an. Au premier trimestre 2025 seul, l'AMF recensait 105 000 nouveaux investisseurs en ETF, une multiplication par 4,5 en deux ans.

Au total, l'AMF dénombre 56 millions de transactions en actions réalisées par des particuliers en 2025, contre 41 millions en 2024.

Qui sont ces nouveaux investisseurs ?

L'âge moyen des investisseurs en bourse a légèrement baissé, passant de 51 ans fin 2024 à 48 ans en 2025, un signe d'un rajeunissement progressif de cette population. Cette évolution coïncide avec la montée en puissance des courtiers en ligne et des applications mobiles, qui ont simplifié l'ouverture d'un compte et rendu l'acte d'investir plus accessible qu'auparavant.

Autre évolution notable : une part croissante des transactions passe désormais par des plateformes basées dans d'autres pays de l'Union européenne (Trade Republic, eToro, entre autres), avec 26 % des transactions réalisées auprès de ces prestataires en 2025, contre 18 % un an plus tôt.

Pourquoi ce mouvement s'accélère-t-il en 2026 ?

Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette dynamique. D'abord, l'accessibilité technique : l'ouverture d'un PEA ou d'un compte-titres se fait aujourd'hui en quelques minutes depuis une application, contre un parcours plus long et plus formel il y a encore quelques années.

Ensuite, une comparaison plus systématique entre les rendements. Un nombre croissant d'épargnants met désormais en regard ce que rapporte une épargne de précaution à faible risque (Livret A, LDDS) et ce qu'un investissement diversifié en actions ou en ETF peut produire sur la durée. Le fonctionnement de ce calcul de rendement réel est détaillé dans notre article sur l'inflation et la protection de l'épargne.

Enfin, les ETF eux-mêmes expliquent une partie de cette dynamique : leur promesse (une exposition diversifiée à un indice entier, avec des frais généralement inférieurs à ceux de nombreux fonds gérés activement) répond directement à une préoccupation fréquente chez les débutants, celle de devoir choisir soi-même des actions individuelles. Ce mécanisme est détaillé dans notre guide sur l'investissement avec 1 000 €.

Cette hausse signifie-t-elle une prise de risque plus importante ?

Pas nécessairement. Les observations de l'AMF suggèrent que les ménages ne basculent pas uniformément vers des placements plus risqués, mais qu'ils structurent davantage leur épargne avec plusieurs outils en parallèle : une poche de liquidité disponible immédiatement, une poche sécurisée (fonds euro, obligataire), et une poche plus dynamique investie en actions ou ETF. Cette diversification par enveloppe explique en partie pourquoi le nombre d'investisseurs actifs progresse, sans que cela traduise systématiquement une prise de risque globale plus élevée à l'échelle des ménages.

Ce qu'il faut retenir

Les chiffres de l'AMF confirment une transformation réelle et mesurable : plus de Français ouvrent une enveloppe d'investissement, achètent des ETF, et diversifient leurs outils d'épargne au-delà des seuls livrets réglementés. Cette évolution s'explique par une accessibilité technique accrue, une meilleure information disponible, et une comparaison plus systématique entre les différents rendements disponibles.

Chiffres issus des publications officielles de l'AMF (Tableaux de bord des investisseurs particuliers actifs, communiqués de mars 2026) et de France Assureurs. Cet article a un objectif exclusivement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.