← Retour au blog
Fiscalité

ETF synthétiques et PEA : le point

ETF synthétiques et PEA : le point

ETF synthétiques et PEA : le vrai point

Une rumeur a circulé cet été sur une possible interdiction des ETF synthétiques dans le PEA, avant d'être démentie par le ministre des Comptes publics. Entre note interprofessionnelle, démenti officiel et incertitude totale, voici ce qui s'est réellement passé, et ce qui reste à surveiller.

Qu'est-ce qu'un ETF synthétique, et pourquoi est-il utilisé dans un PEA ?

Le PEA impose que les fonds qui y sont logés investissent au moins 75 % de leurs actifs dans des sociétés de l'Union européenne. Cette règle pose un problème pour les ETF qui répliquent des indices non européens, comme le S&P 500, le Nasdaq 100 ou le MSCI World (dont environ 72 % de la composition est américaine).

La solution technique employée depuis plusieurs années : l'ETF détient réellement un panier d'actions européennes conforme à la règle des 75 %, mais échange sa performance contre celle de l'indice visé via un contrat dérivé appelé swap. C'est ce montage, dit à "réplication synthétique", qui permet à des fonds comme le CW8, le WPEA ou le DCAM (tous trois répliquant le MSCI World) d'être éligibles au PEA aujourd'hui.

Que s'est-il passé exactement cet été ?

Une note interprofessionnelle, signée par l'AFG, l'AMAFI, la Fédération bancaire française et France Post-Marché, datée du 24 juillet 2026, a été rendue publique mi-août. Ce document rapporte que la Direction générale du Trésor (DGT) aurait indiqué, lors d'échanges avec ces fédérations, que les fonds "swappés" ne devraient plus être éligibles au PEA, une mesure qui aurait vocation à figurer dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027.

Point notable relevé par plusieurs observateurs spécialisés : six semaines plus tôt, en juin 2026, Bercy aurait au contraire confirmé l'éligibilité de ces fonds, selon une information de presse jamais publiée au Journal officiel. Ce changement de position explique en grande partie l'ampleur qu'a pris le sujet.

Face à cette note, le ministre des Comptes publics a ensuite démenti qu'une décision ait été actée en ce sens.

Où en est-on réellement aujourd'hui ?

À la date de publication de cet article, aucun texte n'interdit les ETF synthétiques dans le PEA, et aucune décision officielle n'a été votée ou publiée au Journal officiel. La situation reste celle d'une note interprofessionnelle rapportant une intention, suivie d'un démenti ministériel, sans que le sujet soit pour autant définitivement écarté.

La date clé à surveiller est le 30 septembre 2026, jour prévu du dépôt du PLF 2027 à l'Assemblée nationale. C'est ce texte, et lui seul, qui permettra de savoir si la mesure y figure, sous quelle forme, et avec quel calendrier d'application. Tant que ce document n'est pas déposé, tout scénario relève de l'hypothèse.

Quels scénarios sont évoqués si la mesure était finalement retenue ?

Deux grandes options circulent parmi les observateurs spécialisés, sans qu'aucune ne soit arbitrée à ce stade :

  • Une clause de "grandfathering" : les ETF synthétiques déjà détenus dans un PEA resteraient éligibles et conserveraient le régime fiscal du plan, seules les nouvelles souscriptions deviendraient impossibles. Les quatre fédérations professionnelles défendent ce scénario, en s'appuyant sur le précédent des foncières cotées (SIIC), exclues du PEA en octobre 2011 sans que les titres déjà détenus n'en soient retirés.
  • Un retrait organisé sur une période transitoire, évoqué par certaines sources à au moins deux ans, qui imposerait de solder progressivement ces positions.

Que faut-il surveiller concrètement dans les prochaines semaines ?

Trois éléments permettront de suivre ce dossier avec précision : la confirmation ou non de la mesure dans le PLF 2027 déposé le 30 septembre, le périmètre exact des fonds concernés (la note elle-même précise qu'il reste à définir), et le régime transitoire éventuellement prévu pour les positions déjà investies.

Ce qu'il faut retenir

Rien n'est aujourd'hui interdit, rien n'est non plus définitivement écarté. Le sujet oppose une note professionnelle rapportant une intention de la Direction générale du Trésor à un démenti ministériel, dans un contexte où aucun texte de loi n'a encore été déposé. Le 30 septembre 2026 reste la date qui tranchera cette incertitude, ou la prolongera si le sujet n'y figure pas.

Cet article a un objectif exclusivement informatif et reflète l'état des informations disponibles fin août 2026, une situation susceptible d'évoluer d'ici le dépôt du PLF 2027. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de la réglementation AMF.

Sources : PEA.fr, interdiction ETF synthétiques PEA ; Cyril Jarnias, interdiction ETF swapés PEA ; Renseignement Économique, le Trésor veut exclure les ETF synthétiques du PEA ; Europe Infos, ETF swapés dans le PEA, rumeur et démenti.